Pie XII et les juifs durant
la seconde guerre mondiale
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Origine de la "légende noire" sur Pie XII
Rien d'autre qu'une pièce de théâtre du dramaturge allemand d'extrême gauche Rolf Hochhuth, "Le Vicaire", écrite en 1959 et publiée en 1963, répandue avec le soutien de... Costa Gavras !
Un exemple de mensonge professionnel parmi d'autres...
On aura vu fleurir les initiatives médiatiques pour salir la mémoire de Pie XII. Comme toujours, leurs auteurs sont incapables de prouver la valeur de leur recherche historique...
Prenons en
exemple celle du journaliste anglais John Cornwell, auteur de "Le pape de
Hitler. Histoire secrète de Pie XII", qui prétend proposer par cet
ouvrage la "première approche scientifique de Pie XII" (Sunday Times
du 12 septembre 1999), et avoir été le premier et le seul à accéder aux
Archives Vaticanes de la Secrétairerie d'Etat de Sa Sainteté dans le courant
de l'année 1997.
Problème pour Cornwell : cette version est non seulement niée formellement par
une note du Saint-Siège (Documentation Catholique n°2216), mais aussi par
d'autres historiens.
En effet de
nombreuses personnes ont effectué cette visite avant lui, dont Madame Emma
Fattorini qui avait publié cinq ans auparavant "L'Allemagne et le Saint-Siège.
La nonciature de Pacelli entre la grande guerre et le République de
Weimar" aux éditions Il Mulino. Donc l'ouvrage de Cornwell ne constitue
certainement pas la "première" approche scientifique de Pie XII !
Mais John Cornwell aura menti deux fois. En affirmant de surcroît qu'il avait
effectué un travail de recherche sur Pie XII, il a soigneusement omis de préciser
que ses investigations avaient porté uniquement sur les périodes 1913 - 1915
et 1918 - 1921. Or Pie XII n'était pas encore pape ! Et la
"recherche" n'est en fait qu'un fragment de recherche. Au total, un
ensemble d'erreurs que même un universitaire débutant ne commettrait pas.
Lors de ses visites, qualifiées de "sporadiques" et "parfois très brèves" par les gardiens des archives, John Cornwell aura donc construit "sa" vérité à lui, et non celle de l'Histoire. On attend toujours ses explications...
Faits historiques : le Vatican s'oppose fermement à Hitler dès 1938, sous Pie XI
Le pape Pie XI avait prévu, en cas de demande de visite au Vatican de la part de Hitler, qu´il lui soit demandé comme condition sine qua non des excuses publiques pour la persécution que son régime infligeait à l´Eglise allemande: le pape disait considérer "Monsieur Hitler" comme "le plus grand ennemi du Christ et de l´Eglise des temps modernes".
L´incompatibilité entre christianisme et nazisme s´était manifestée clairement lors de la "Nuit des longs couteaux" (30 juin 1937): Hitler avait fait exécuter les chefs nazis dont il craignait la trahison, mais aussi trois responsables de l´Action catholique allemande: Klausener, Probst et Fritz Beck.
La persécution qui s´ensuivit contre les associations et la presse catholiques, en particulier sous forme de procès intentés à des clercs sur fausse dénonciation, avait décidé Pie XI à condamner publiquement le nazisme et le racisme dans son encyclique "Mit brennender Sorge", qui fut diffusée en Allemagne sous le manteau et lue le Dimanche des Rameaux, 21 mars 1937, en guise d´homélie dans toutes les paroisses catholiques.
Pie XI avait évoqué une possible visite de Hitler au Vatican au cours d´une conversation confidentielle, le 7 avril 1938, avec Bonifacio Pignatti, alors ambassadeur du gouvernement fasciste près le Saint-Siège.
Pignatti avait informé Mussolini et son ministre Ciano que Pie XI déplorait "l´apothéose de M. Hitler" qui se préparait à Rome, et comparait le Führer à l´Antéchrist: "La persécution menée contre l´Eglise catholique en Allemagne était son oeuvre, entièrement et seulement sienne, et l´on en savait désormais assez pour pouvoir l´affirmer sans crainte d´un démenti".
Le Saint-Siège ne faisait pas mystère de sa position. Et Hitler ne demanda pas à être reçu au Vatican. De fait, lors de sa venue à Rome, le 3 mai 1938, Pie XI était parti ostensiblement à sa résidence d´été de Castelgandolfo, interdisant que l´on hisse le drapeau du Reich sur quelque édifice de l´Eglise que ce soit, et L´Osservatore Romano de ce jour-là ne dit rien de la visite, mais publia à la Une une déclaration dénonçant le racisme.
Ces faits sont consignés dans un dossier du Ministre italien des Affaires étrangères de l´époque, Galeazzo Ciano, dans les Archives historiques de la Farnesina (le Quai d´Orsay romain), datant d´avril 1938, soit un mois avant le voyage d´Hitler à Rome, à l´invitation du "Duce", Benito Mussolini.
Les documents viennent d´être publiés, signale L´Avvenire au mois de mars 2001, à l´Institut polygraphique de l´Etat, par l´historien italien Gianluca André, professeur d´histoire politique internationale à l´université de Rome, dans un nouveau volume des "Documents diplomatiques italiens" (1er semestre 1938). Les documents diplomatiques de l´Europe de l´époque ne sont en effet pas tous publiés et ne cessent d´apporter des lumières sur l´hostilité des papes au nazisme.
Pie XII : opposition immédiate au nazisme
Pie XII succède à Pie XI en 1939. Il écrit aussitôt sa première encyclique "Summi Pontificatus". Les polémiqueurs actuels reprochent à Pie XII de ne pas avoir mentionné les juifs. En quelque sorte ils ont raison. Car Pie XII a fait bien mieux : il les nomme "fils bien-aimés" ; de ce fait, effectivement, le mot "juif" n'est pas écrit. La stratégie de Pie XII est probablement trop subtile pour certains esprits actuels, qui ne comprennent pas l'enjeu : il s'agit de contrer l'idéologie nazie. Pie XII est clair : ces "fils bien-aimés" font partie de la "famille humaine". Peut-on mieux contredire les théories racistes des nazis, qui présentent les juifs comme des "sous-hommes" ? Le comportement de nazis nous permet de comprendre la valeur de l'encyclique "Summi Pontificatus" : 88.000 exemplaires sont lâchés par les avions alliés sur l'Allemagne... la jeunesse hitlérienne est chargée de ne pas en laisser subister un seul exemplaire. Voilà bien une preuve absolue qui démontre que le propos de Pie XII était détesté par les nazis.
Témoignage d'un officier allemand (décembre 2000)
Dans l'Osservatore Romano du 19 décembre 2000 est paru l'entretien de Helmut Ruppert, journaliste du "Katolische Nachrichtenagentur", avec Nikolaus Kunkel, 80 ans. Ce dernier, officier pendant la seconde guerre mondiale, fut affecté en 1943 au quartier général allemand de Rome.
Son témoignage est sans ambiguité. Profitant de moments d'incertitude et de désordre dans les organes dirigeants italiens, les SS avaient résolu d'appliquer à Rome "la solution finale de la question juive".
Le quartier général s'attendait à recevoir l'ordre d'occuper le Vatican, et l'ambassadeur d'Allemagne auprès du Saint-Siège connaissait l'intention d'Hitler de capturer le pape Pie XII et de tirer sur lui en cas de fuite (rapporté dans "L'Osservatore Della Dominica" du 28 juin 1964 par un de ses collaborateurs).
Les organismes dirigeants italiens étaient alors divisés entre pro et anti collaboration. Cette pagaille arrangeaient alors le commandant allemand du Q.G., un catholique peu soucieux d'aider la Gestapo à se saisir du pape (rappelons ici que la Gestapo étaient généralement détestée par les Militaires allemands).
Le 16 octobre 1943 les SS entreprirent la rafle des 8000 juifs résidant à Rome. Ce jour là, 1000 d'entre eux furent arrêtés. Pour tenter de faire cesser cette opération, le supérieur générale des Salvatoriens ainsi qu'un autre prélat se rendirent immédiatement au Quartier Général allemand pour informer l'occupant que Pie XII s'adresserait à l'opinion publique mondiale si les persécutions ne cessaient pas. Cette tentative réussit, puisque la rafle prit fin le lendemain sur ordre d'Himmler.
Le lieutenant Nikolaus Kunkel estime aujourd'hui que parmi les 7000 juifs passés à travers les mailles du filet nazi, beaucoup ont trouvé refuge au Vatican dont les accès sont toujours resté ouverts. Il remarque aussi que le commandant catholique du quartier général, malgré sa santé très moyenne, a été muté quelques jours après sur le front russe. Il estime d'autre part que si Pie XII s'était publiquement opposé à Hitler, les catholiques Allemands ainsi que ceux des pays occupés auraient à leur tour subi des persécutions.
Témoignage d'un prêtre (février 2001)
Le 19 février 2001 le PèrePeter Gumpel, sj, postulateur de la cause de Pie XII, raconte la réaction du pape à la nouvelle de la rafle de Rome :
"Pie XII fut informé tôt le matin par la princesse Pignatelli Aragona. Il appela immédiatement par téléphone le secrétaire d'Etat, lui ordonnant d'appeler l'ambassadeur d'Allemagne le baron Hans Von Weizsäcker, et de protester formellement. Mais il ne se limita pas à cela. Il fit le choix décisif d'utiliser l'un de ses étroits collaborateurs secrets, le Supérieur Général des Salvatoriens, le Père Pancrazio Pfeiffer, qu'il envoya auprès du général Stahel, commandant à Rome, qui eut ensuite le courage de donner un coup de téléphone furieux à Himmler.
Himmler, prit peur et ordonna immédiatement la cessation de cette persécution. Toutes les maisons ecclésiastiques de Rome reçurent alors l'ordre de procurer toute l'aide possible à la population juive persécutée, et ainsi des milliers et des milliers de vies humaines furent épargnées. On estime que pour la ville de Rome, l'Eglise sauva 4.447 personnes. A la suite des protestations de Pie XII, l'opération, qui devait durer deux jours, fut arrêtée le jour même à 14 heures: mille des huit mille Juifs réclamés par Hitler furent cependant déportés.
Témoignages de juifs durant l'après-guerre
Les arguments historiques ne suffisant pas aux pseudos historiens, il faut donc écouter ceux dont on n'osera pas mettre en doute la parole. Qui ? Des allemands ? Des catholiques ? Non : des juifs ! Beaucoup d'entre eux n'ont pas peur de dire la vérité, parfois contre d'autre juifs, plus jeunes (trop jeunes d'ailleurs !). Voici donc une rappel des principaux témoignages, sans commentaires.
Le grand rabbin de Rome, Israele Zolli (contemporain de Pie XII) : "La rayonnante charité du Pape, penché sur toutes les misères engendrées par la guerre, sa bonté pour mes correligionnaires traqués, furent pour moi l'ouragan qui balaya mes scrupules à me convertir au catholicisme".
29 novembre 1944 : soixante-dix juifs sauvés par Pie XII viennent au Vatican pour lui dire leur reconnaissance.
9 février 1948 : une quarantaine de représentants de "l'United Jewish Appeals" effectuent la même démarche.
26 mai 1955 : un orchestre de 94 instrumentistes juifs venant de quatorze pays différents interprètent devant Pie XII la 9ème Symphonie de Beethoven "en reconnaissance de l'oeuvre humanitaire grandiose accomplie par Sa Sainteté pour sauver un grand nombre de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale".
Lors du décès de Pie XII, en 1958, Madame Golda Meir, Premier Ministre israélien, déclare devant l'O.N.U. : "Nous partageons la douleur de l'humanité pour la mort de Sa Sainteté Pie XII (...) nous pleurons un grand serviteur de la paix et de la charité. Pendant les dix années de la terreur nazie, quand notre peuple a souffert un martyre effroyable, la voix du Pape s'est élevée pour condamner les bourreaux et pour exprimer sa compassion envers les victimes."
Retenons enfin l'affirmation du juif le plus célèbre, Albert Einstein lui-même, qui affirmait dès 1940 : "L'Eglise catholique a été la seule à protester contre les assauts hitlériens portés à la liberté".
Reconnaissance récente d'un rabin new-yorkais (février 2001)
Le rabbin David Dalin, de New York, a demandé le Mardi 20 Février 2001 que Pie XII soit officiellement reconnu comme un "juste". "Dans le Talmud, il est écrit, dit-il: "Qui sauve une vie, sauve le monde entier", eh bien, plus que tout autre au XXe s., Pie XII a respecté ce principe. Aucun autre pape a été aussi magnanime avec les Juifs. Toute la génération des survivants de l'Holocauste témoigne que Pie XII a été authentiquement et profondément un "juste"." C'est avec ces paroles que se conclut un long article du rabbin David Dalin dans la revue «The Weekly Standard». Dalin conclut en affirmant: "Contrairement à ce qu'a écrit John Cornwell, selon lequel Pie XII aurait été le 'pape de Hitler', je crois que le pape Pacelli a été le plus grand soutien des Juifs".
"Pie XII, écrit-il, fut l'une des personnalités les plus critiques envers le nazisme. Sur 44 discours que Pacelli a prononcés en Allemagne entre 1917 et 1929, 40 dénoncent les dangers imminents de l'idéologie nazie. En mars 1935, dans une lettre ouverte à l'évêque de Cologne, il appelle les nazis "faux prophètes à l'orgueil de Lucifer". La même année, dans un discours à Lourdes, il dénonçait les idéologies "possédées par la superstition de la race et du sang". Sa première encyclique en tant que pape, "Summi pontificatus", de 1939, était si clairement anti-raciste que les avions alliés en lâchèrent des milliers de copies sur l'Allemagne pour y nourrir un sentiment anti-raciste".
A ceux qui reprochent à Pie XII de ne pas avoir parlé assez fort contre le nazisme, Dalin rapporte les propos de Marcus Melchior, grand rabbin du Danemark, qui a survécu à la Shoah: "si le pape avait parlé, Hitler aurait massacré beaucoup plus que six millions de Juifs et peut-être 10 millions de catholiques". Il rapporte aussi ceux du procureur Kempner, représentant les Etats-Unis au procès de Nurenberg ajoutait: "Toute action de propagande inspirée par l'Eglise catholique contre Hitler aurait été un suicide ou aurait porté à l'exécution de beaucoup plus de Juifs et de Catholiques".
A propos de l'aide apportée aux Juifs, le rabbin Dalin rappelle que "au cours des mois où Rome a été occupée par les nazis, Pie XII a donné pour instruction au clergé de sauver des Juifs par tous les moyens. Le cardinal Boetto de Gênes en sauva à lui seul au moins 800. L'évêque d'Assise, 300. Lorsqu'on a remis au cardinal Palazzini la médaille des "justes" pour avoir sauvé des Juifs au séminaire romain, il affirmait: "Le mérite en revient entièrement à Pie XII qui a ordonné de faire tout ce qui était possible pour sauver des Juifs de la persécution". L'aide apportée par le pape Pacelli était si connue qu'en 1955, à l'occasion des célébrations du 10e anniversaire de la Libération, l'Union des Communautés Israélites proclamait le 17 avril "Jour de gratitude" pour l'assistance fournie par le pape durant la guerre".
Témoignage du Grand Rabbin de Rome sur l'attitude du clergé (février 2001)
Le Professeur Elio Toaff, Grand Rabbin de Rome a apporté son témoignage dans l'ouvrage "Les juifs sauvés par Pie XII", du journaliste Antonio Gaspari. L'ouvrage a été présenté le 19 février 2001, en présence du Professeur Elio Toaff. Il raconte : "J'habitais, disait-il, à Ancône, à 50m de l'Eglise du Gesù, et je connaissais don Bernardino, avec lequel je m'arrêtais souvent pour parler, moi, Juif, et lui, prêtre. Notre relation était amicale et cordiale. Un jour, alors que je revenais chez moi, il vint à ma rencontre en disant: viens avec moi, parce que là, les nazis t'attendent". Il m'a caché au presbytère jusqu'à ce que les soldats s'en aillent. Il m'a sauvé la vie. Et Don Francalacci de Pietrasanta a caché mon père, ma mère, ma femme avec notre fils qui était petit".
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Shoah et Pie XII : les 3 tentations de Costa-Gavras"
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